
Snobismes
Même la pure Blanche-Neige ne succombera qu’au snob-appeal !
samedi 16 février 2008, par Anton Moonen
SNOBISMES ! Le rendez-vous des snobs du web de et avec Anton Moonen...
Comme déjà soulevé dans une chronique précédente, on prétend souvent que la femme est plus sensible au snob-appeal que l’homme. L’homme préfère que sa maîtresse soit belle et sexy, même si l’histoire et les rubriques mondaines mentionnent des messieurs encore ardents qui épousent une duchesse sénile ou une millionnaire hideuse, afin de s’assurer un avenir tranquille et insouciant. Il ne s’agit là nullement de sex-appeal ou de charme, mais il semble que la femme « moyenne » soit plus attentive et réceptive à la position, à la notoriété ou aux biens matériels de son amant, qu’à ses biceps, sa chevelure ou les prestations de ses organes génitaux. L’âge ou les aspects physiques ne sont pas des obstacles : elle est capable d’en faire abstraction. Au contraire : les laids et les seniors sont un gage de sécurité.
À la Renaissance, il était de bon ton d’avoir un nain à la maison. Souvent, celui-ci était traité comme un animal apprivoisé. Les Médicis en possédait une douzaine. Ils les gardaient dans des grandes cuves, en espérant qu’ils allaient se reproduire et ainsi créer une nouvelle race. Le nain devait amuser son propriétaire, et à l’instar des bouffons, on lui accordait même le droit à quelques remarques insolentes et irresponsables, puisqu’ils étaient protégés par des empereurs, des rois, des dames et autres grands de ce monde. D’ailleurs, comme beaucoup de domestiques, de vendeurs et vendeuses dans des magasins de luxe, le nain était souvent plus snob que son employeur. On lui attribuait même quelques dons de clairvoyance et de spiritualité. Consulter son nain était comme lire son horoscope. Et il faut avouer que cela ne manque pas de chic.
Les nains dans la mythologie scandinave et germanique, les Nibelungen, étaient connus pour leur faim de pouvoir et des objets en or. Leur penchant « bling-bling » se justifiait par leurs habitats souterrains, par leur vie dérisoire, frustrée et précaire. Malgré leur taille, ils rêvaient de bâtir par la force et la fourberie un empire, mais chacune de leurs constructions était vouée à un rapide écroulement. Cela ne les empêchait nullement de snober et de dominer tout ce qui leur paraissait plus grand, plus fort ou plus riche qu’eux. De ce fait, ils symbolisent la mégalomanie et la mythomanie par leur ambition démesurée.
Leur convoitise insatiable finit d’ailleurs fort mal, lorsque le fabuleux Siegfried entra en scène. Celui-ci est également avide de pouvoir, mais selon les interprétations nietzschéennes, il incarne plutôt l’homme moderne, le héros qui est destiné à délivrer le monde de l’égoïsme des nains. Au demeurant, lors de ses exploits, il rencontre une certaine Brunehilde, également très ambitieuse. Cette dernière n’est pas uniquement une Walkyrie, une de ces vierges aux mollets robustes qui accompagnent les nobles chevaliers lors de leurs échecs en leur servant quelque alcool, mais une reine qui a tellement d’amants, qu’elle ne les compte même plus et ne sait plus qui choisir comme époux. Lorsque Siegfried, réputé pour son manque de savoir-vivre et l’absence de bonnes manières, mais ayant néanmoins un grand avenir devant lui, se présente à sa cour, elle est immédiatement éprise de lui.
Parfois, dans les traditions des peuples du Nord, les nains se font accompagner par des fées. Ces apparences plus aériennes habitent les forêts profondes et sombres ou près d’une crevasse ou d’un abîme, mais jamais une fée qui se respecte ne descendra dans la grotte ou la cave d’un nain. Elles préfèrent les palais aux mines, et cela se comprend. Par ailleurs, considérant les illusions qu’elles font apparaître avec leurs baguettes magiques, les fées sont pareillement à considérer comme des mythomanes potentielles.
Lorsque Blanche-Neige cette princesse mal-aimée, qui n’était ni une fée ni une héroïne wagnérienne, fit la connaissance des sept lutins, elle obtint le droit de s’installer chez eux, mais en échange, dû tenir la maison, faire la cuisine et de raccommoder le linge. Une chance que Blanche-Neige ne fut pas féministe ! Elle fut même enchantée par la proposition de ces « petits machos ». Cependant, si elle accepta sans contrainte, ce n’est pas uniquement par naïveté : certains psychanalystes considèrent que les sept nains, bien que personnages « phalliques », ne sont pas une menace sur le plan sexuel.
Quant au prince charmant… Un bûcheron canadien n’aurait certes pas interrompu son long sommeil…
Même la pure Blanche-Neige ne succombera qu’au snob-appeal !

Singulièrement vôtre,
Anton Moonen
Note : Toute ressemblance avec des personnalités réelles est pure coïncidence.
Voir en ligne : Snoblissime
SNOBISMES ! Le rendez-vous des snobs du web de et avec Anton Moonen...